Montparnasse dans les années 30

Parisienne de naissance, Auvergnate par mes racines et fascinée depuis toujours par les années folles, une partie de mon roman devait forcément faire référence à Montparnasse. Pourquoi me direz-vous ? Une des raisons les plus évidentes, et pas la moindre, est que j’y ai fait toutes mes études, du collège au lycée. Toutefois, ce n’est pas celle-là qui est la plus intéressante, hormis pour moi-même. À l’époque, que les historiens nomment Belle, l’Auvergne gagnait à Paris ses lettres de noblesse et y influençait toute la vie artistique, à sa manière. Ainsi, le bougnat permettait à l’artiste de s’exprimer, de laisser libre cours à sa folie, de refaire le monde et parfois juste de ne pas mourir de faim. Les cafés, où se retrouvait tout ce que la capitale comptait d’intellectuels et d’artistes, étaient tenus par des Auvergnats. Le Dôme a été fondé en 1898 par l’auvergnat Paul Chambon, alors que la Rotonde est créée en 1903 par Victor Libion. Cet Auvergnat, qui avait le cœur sur la main, comme bon nombre de ses compatriotes, contrairement à la croyance populaire, acceptait d’être payé avec les œuvres de ses clients ou effaçait simplement leurs ardoises. Ernest Fraux et René Lafon, qui ont géré un temps le Dôme, inaugurent en 1927 la fabuleuse Coupole. Les deux Auvergnats ont vu grand, une brasserie, un bar, un dancing en sous-sol, un restaurant d’été avec toit coulissant sur la terrasse et même un boulodrome. Dans ce Montparnasse de l’entre-deux-guerres se croisent Hemingway, Picasso, Modigliani, Aragon, Elsa Triollet, Mistinguette, Kiki, Apollinaire, Sartre, Simone de Beauvoir, Troski, Lénine et tant d’autres. Toute l’intelligentsia parisienne se bouscule, dans une joyeuse effervescence, dans les cafés de Montparnasse, souvent tenus ou créés par des Auvergnats. Les monts d’Auvergne ont protégé les habitants du Mont Parnasse et permis aux muses de les inspirer. Adolescente, à la sortie du lycée, j’aimais entrer dans ces lieux mythiques ou m’assoir à l’une des terrasses. J’imaginais, que peut-être, je me trouvais à la place d’un de ces célèbres personnages et que, sur cette table, avait été écrit un des livres ou peint un des tableaux, dont mes professeurs me parlaient. Je vous conseille, si vous passez par Montparnasse, de vous arrêter dans un de ces cafés, qui ont gardé un léger parfum de cette vie artistique, ne serait-ce que par leur décoration : Le Dôme, la Rotonde, et surtout le Select, la Closerie des Lilas ou bien évidemment la Coupole.

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